Une chose est sûre c’est l’incertitude

À quelques heures de la prochaine conférence de presse prévue par le Gouvernement sur la situation sanitaire et comme la précédente simulation CovidTracker de la tendance covid-19 n’est plus dans les clous, il est temps d’actualiser les calculs. Quel chemin allons nous prendre ? Rien n’est certain.

Le plateau haut continue

Il y a un peu plus de deux semaines, même la projection la plus optimiste prévoyait un rebond de la charge hospitalière. Ça ne s’est pas produit, alors que le contexte n’était pas propice à l’optimisme, les vacances de fin d’année s’accompagnant de nombreux déplacements, rassemblements familiaux et amicaux. On pourrait aussi dire “ça ne s’est pas encore produit”, mais non car on observe bien une situation à évolution stable depuis au moins trois semaines en ce qui concerne les hôpitaux. Il n’y a pas de frémissement de rebond.

Zoom sur les courbes hospitalisations et réanimations pour covid-19 France, source ESRI et données Santé publique France, pour la période novembre décembre 2020

Le yo-yo Reffectif aussi

S’il est un indicateur qui bouge sans arrêt, c’est le nombre de reproduction Reffectif. Il a un rôle essentiel dans l’évolution de l’épidémie : R au dessus de 1 et l’épidémie s’aggrave, R au dessous de 1 et elle ralentie. Il monte et descend de façon peu explicable et même surprenante puisque ça ne semble même plus obéir aux périodes confinement / déconfinement ! On constate que R peut remonter vigoureusement en période de confinement et baisser intensément en période de déconfinement.

Évolution de R depuis mi-mars 2020 avec mise en valeur des périodes de confinement et de couvre-feu, données CovidTracker Guillaume Rozier au 05/01/2021, à retrouver sur le tableau de bord France.

Pour le simulateur CovidTracker, les hypothèses d’évolution à la hausse ou à la baisse sont revues pour diverger plus rapidement, c’est une façon de prendre en compte une incertitude plus grande. L’ajustement de R se situe vers une estimation à 0,95 pour la période en cours, mais l’intervalle de confiance oscille entre 1,1 et 0,8.

Évolution de R-effectif pour le réglage du simulateur CovidTracker, avec trois hypothèses stable, hausse ou baisse, actualisation au 06/01/2021

En couleur grise, la courbe rappelle l’hypothèse la plus optimiste de baisse de R telle que prévue le 18 décembre dernier. Elle permet de constater que la réalité a été encore plus bénéfique à la situation sanitaire. C’est en partie pour cette raison que le plateau haut se prolonge.

Évolution du nombre de tests positifs

Suivant le réglage de R présenté à l’instant, le nombre de 3 millions de tests positifs cumulés se profile pour être atteint vers la fin du mois de janvier.

Évolution du nombre cumulé de tests positifs au SARS-CoV-2 en France, projection CovidTracker et données Santé publique France, actualisation au 06/01/2021

Situation hospitalière

La croisée des chemins est particulièrement visible pour la situation hospitalière. À l’heure actuelle, savoir si nous allons rester sur le plateau haut, ou s’il va y avoir un net rebond, ou mieux une baisse de la charge est très incertain.

Simulation CovidTracker et données santé publique France pour la situation hospitalière covid-19 en France, actualisation au 06/01/2020

La pente de la courbe du nombre de décès se prolonge sans dévier de façon intense, ce qui indique que le nombre élevé de décès quotidiens pourrait encore perdurer pendant la majeure partie du mois de janvier. Pour l’hypothèse pessimiste, la pente du rebond apparaît moins prononcée qu’au moment du mois d’octobre. Mais le sommet équivalent à la seconde vague n’est pas loin et pourrait être atteint au début de février.

Vérification du réglage du simulateur avec le contrôle des courbes des entrées et des sorties de l’hôpital pour retour à domicile, simulation CovidTracker et données Santé publique France, actualisation au 06/01/2021

Avec le simulateur CovidTracker, l’ensemble des courbes fait un tout. Le fait d’être raccord sur l’ensemble du jeu de données permet de s’assurer que les scénarios des patients covid-19 à l’hôpital sont cohérents de bout en bout, personne n’est oublié.

Situation dans les EHPAD et EMS

Pour les EHPAD et EMS, les courbes se prolongent aussi de façon assez rectiligne. Il n’y aurait alors pas beaucoup d’évolution sur le nombre de décès hebdomadaires dans les EHPAD pendant le mois de janvier.

Simulation CovidTracker et données Santé publique France pour la situation covid-19 dans les EHPAD et EMS, actualisation au 06/01/2021

Finalement, on ne sait pas où on va

C’est une situation inhabituelle qui se présente. Depuis que des simulations sont présentées sur le site CovidTracker, nous avions une toujours une idée de la tendance à venir, même un peu floue. Pour cette fois, difficile de tirer une conclusion. Disons qu’en plus aucun signe très significatif n’est apparu par rapport aux soirées du 24 et 31 décembre. Ajoutons l’inconnue du variant coronavirus britannique, va-t-il faire des dégâts en France ? C’est l’inconnue partout.

La prudence est de mise.

Philippe Brouard

  1. Edith Cariou dit :

    Effets cumulés du 2e confinement, de la prudence des Français, des vacances scolaires et des couvre-feux? Wait and see, dans l’attente de l’explosion des variants… Vivement le vaccin…

    • john david laurent dit :

      pas sur qu il y ait une explosion des variants contrairement a l angleterre nous tout est ferme depuis octobre en angletrrre ils avaient confine mais ils ont deconfine en, ouvrant les bars

  2. john david laurent dit :

    il est possible que les vacances scolaires soient un frein a l epidemie , il est possible que le couvre feu marche mieux que le confinement , il est possible que ce soit les soirees privees qui soient a l origine des cas ; c est un virus interieur il semblerait qu on soit plus contamines car on est confines

  3. jean-michel levy dit :

    Comme R varie beaucoup d’une région à l’autre si on se fie aux cartes publiées par le ministère (ou SPF ou..) on ne peut pas se servir d’un R moyen qui n’intègre pas les variances pour faire de la simulation. Le R moyen calculé ne peut l’être qu’après coup et ne peut avoir alors qu’une faible valeur indicative. Il semble donc logique qu’il s’agite comme vous semblez le constater. J’ai mal compris ?

    • Philippe Brouard dit :

      Bonjour, de mon point de vue je dirais que plus l’échantillon est grand, moins les fluctuations se font sentir, il y a comme un effet de masse. Vous pouvez voir sur le tableau de bord France CovidTracker, les valeurs de R par région, les fluctuations y sont au moins aussi fortes qu’au niveau national. Je pense que R bouge pour pleins de raisons que nous connaissons mal. Nous pourrions aussi parler d’un phénomène de raisonance, pourquoi pas, comme dans d’autres processus oscillants? La perception de la population sur la gravité de la situation pourrait-elle être un des paramètres? Par exemple, quand le sentiment de risque est grand, on se protège mieux et puis l’épidémie baisse, et quelques temps après comme ça baisse, on est moins vigilant, alors ça remonte jusqu’au moment où le sentiment de risque devient à nouveau majoritaire, ainsi de suite. Quoi qu’il en soit, la valeur de R au niveau national est nécessaire pour faire des calculs au niveau national.

  4. C. MARCINIAK dit :

    Merci pour votre site, très utile.
    Une forte augmentation des traces du virus a été enregistrée dans les égouts de Marseille et de la région parisienne ces derniers jours -> logiquement ça promet une forte augmentation des cas dans les jours à venir. Cet indicateur est-il pris en compte sur votre site ?
    Par ailleurs le “plateau haut” de ces dernières semaines est un constat qui ne tient pas compte de l’arrivée inévitable des nouveaux variants plus contagieux ; or ça ça change la donne.
    Ajoutez à cela la lenteur et les réticences françaises face à la vaccination…
    A mon sens la réponse est donc clairement “Une chose est sûre : forte augmentation de l’intensité de l’épidémie dans les semaines à venir”.

  5. Daniel Le Breton dit :

    Le fait est que toute forme de modélisation devient aléatoire, j’ai rangé mes gaussiennes depuis début décembre et je me focalise sur les dérivées. Pourtant on a du mal à se défaire des concepts qui ont conduit à la modélisation des épidémies, comme la formule magique 1-1/Ro sensée donner le taux d’immunité collective conduisant à l’extinction de l’épidémie. Nous naviguons aujourd’hui autour de Ro = 1 et si on applique la formule à cette valeur, le taux d’immunité collective qui aboutirait à l’extinction est nul. Ca n’a aucun sens. Une formule du genre 1-1/Ro√2 serait un peu plus applicable : extinction naturelle pour Ro=0,7; 30% d’immunité requise pour Ro=1. Mais ça n’est basé sur rien, c’est joli mathématiquement parlant, ça tombe juste un peu plus sous le sens pour les chiffres et ca ne demande qu’à être démenti. Le petit film de la rubrique « Vaccintracker » est très bien fait mais il met en avant une formule d’évaluation de l’immunité qui ne s’applique pas.
    Actuellement on voit passer le réveillon de Noël dans les chiffres de certains paramètres, et on nous promet une remontée via le taux de contamination des eaux usées. Si c’est vrai, on aura droit à la Saint Sylvestre, à la rentrée scolaire, au variant anglais, etc. pour justifier cela. On ne sait même pas pourquoi on est sur un plateau légèrement croissant depuis six semaines. C’est comme si un pic était passé sur deux mois et qu’on avait repris le rythme de fin septembre. En fait on ne maîtrise pas grand-chose, et n’oublions pas que chaque jour qui passe c’est comme si un avion moyen courrier s’écrasait au sol. Le nombre de personnes décédées à l’hôpital depuis le début de l’épidémie équivaut à celui des passages en réanimation pendant la même période, soit un peu plus de un hospitalisé sur six. Il est urgent de vacciner à tour de bras. La stratégie actuelle de vaccination est hospitalière, elle vise à ne pas engorger les hôpitaux et à limiter la mortalité, pas à stopper le plus vite possible l’épidémie. Dans ce cas il faudrait vacciner les actifs, ceux qui ont le plus de contacts journaliers et qui sont à la source des contaminations. Ce serait politiquement incorrect.

    • Françoise dit :

      “Vacciner les actifs”, il me semble que c’est le choix qu’a fait l’Indonésie …

    • Frédéric Planchon dit :

      Bonjour,

      Votre intervention est très intéressante. Elle confirme aussi ma gêne devant ces chiffres:
      – d’un côté il y a le phénomène, caractérisé,
      – de l’autre les prévisions.
      Or ces dernières ne prennent pas en compte d’autres données “cachées” qui sont toujours inestimables pour un modèle. Dit autrement, un modèle causal ne peut pas se contenter des données d’un modèle phénoménologiques. A ce titre, je trouve que les prévisions de ce site sont assez faibles, Par exemple le R0 est une mesure, puis on le ré-introduit comme facteur principal des prévisions : c’est voué à l’échec.
      En revanche, avoir un modèle (comportemental, météo, temporel, d’interactions sociales, de suivi des gestes barrières, de propagation du virus etc) qui lui-même expliquerait, causalement, R; alors là oui on aurait un modèle qui aurait une validité pour la prévision.
      Comme déjà dit sur ce site, je suis surpris de ne pas trouver ce travail, ni ici ni ailleurs.

  6. Serge Masriera dit :

    Je pense en effet que pour mieux comprendre le yoyo du Reffectif il soit judicieux d’intégrer dans l’analyse les périodes de vacances scolaires …

  7. FORTUIT dit :

    Bonjour,
    et merci pour tout ce que vous faites: vous êtes le “communicant” du Ministère de la Santé à vous tout seul!!
    Serait-il possible de connaitre les données à l’échelon d’une ville et pas seulement au niveau départemental?
    Dans notre cas, les Yvelines: nous avons quelques grandes villes, mais la partie ouest des Yvelines est plutôt rurale ou au moins nettement moins peuplée.
    Est ce que vous pouvez utilisez les infos des eaux usées? Je pense que ceci permettrait de faire une telle approche différenciée. A noter qu’en Chine, il y a des reconfinements sélectifs.
    Merci de vos réponses
    Bonne journée

  8. Subra dit :

    Merci à vous pour cet excellent travail de statisticien. Mais, de grâce, ne reproduisez pas le langage des médias, autorités, ou Imperial Collège de Londres : on ne parle pas, d’une année sur l’autre, d’une “seconde vague” de la grippe, mais d’un retour endémique d’un virus saisonnier. Cette idée de deuxième vague n’a aucun fondement, ni scientifique, ni historique. D’autant que, selon l’équipe de l’IHU méditérannée, qui étudie les variants depuis le printemps dernier, l’épisode de novembre serait le fait d’un nouveau variant, témoignant d’une forme de saisonnalité comparable à celle d’autres coronavirus ou influenza. Lorsque les alarmistes de tous poils et les mainstream ont évoqué l’idée d’une deuxième vague, il s’agissait pour eux de décrire le rebond inévitable qui devait, selon eux, avoir lieu à la fin du premier confinement, et qui n’a pas été, ne leur en déplaise, observé. Ils ont prolongé leur terrorisme linguistique jusqu’à la nouvelle manifestation saisonnière de l’épidémie.

  9. Daniel Le Breton dit :

    Pour faire simple, le Ro dépend des paramètres suivants :
    • Du pourcentage de personnes de la population qui ont des contacts avec d’autres (par jour)
    • De la probabilité de transmission du virus qui dépend donc du virus lui-même et des personnes en contact, plus ou moins réceptives, plus ou moins contaminantes.
    • De la période d’infection de ces mêmes personnes (en jours), probablement variable d’un individu à l’autre.
    Plus les chiffres correspondants sont élevés, plus Ro l’est car c’est le produit (mathématique) des trois. Les moyens de contrôle sont donc :
    • La limitation forcée des contacts (couvre feu, confinement)
    • Les gestes barrière qui limitent la probabilité de transmission entre individus (masques, distance), les conditions de contact (intérieur, extérieur) ou l’activité (repas, spectacles, vacances, etc.).
    • Les moyens directs de modification de la durée d’infection sont les traitements, la vaccination ; et un moyen indirect connu est l’isolement des malades.
    Nous avons donc droit à un panachage de l’ensemble, sachant qu’on ne dispose pas à ce jour de traitement et à peine de vaccination. De son coté le virus mute et peut remettre en cause la probabilité de transmission dans un sens comme dans l’autre. La complexité du Ro explique pourquoi on se contente de prendre des scénarios avec une valeur fixe de Ro, on attend toujours celui ou celle qui arrivera à modéliser ce paramètre et à confronter son modèle avec la réalité. Nous ne sommes pas dans le domaine de la physique avec des lois bien établies qui permettent d’élaborer des modèles prédictifs, mais dans le domaine de la statistique et de la navigation à vue.

  10. Deres dit :

    Bonjour,

    je pense qu’il est difficile de comprendre certaine courbe liés aux hôpitaux car celles-ci sont autant influencés par l’état de l’épidémie que par les décisions managériales des hôpitaux. En effet, l’état des personnes mises en réanimation n’est pas obligatoirement la même suivant les périodes. Idem pour l’état des personnes admises à l’hôpital. Et idem pour les transferts depuis les EHPAD. Il me semble donc logique que la stabilisation actuelle du nombre de personne admise en hôpital et en réanimation viennent d’une baisse des critères nécessaires alors que ceux-ci avait été augmentés lors du pic de novembre. Globalement, les hôpitaux qui étaient sélectifs lors du pic de la deuxième vague pour éviter la saturation, ne le sont plus et gèrent des occupations constantes (avec des marges de sécurité en cas de reprise de l’épidémie) en acceptant des malades beaucoup moins en danger.

    Quand aux tests, il faut bien voir que la population qui se fait testé a probablement beaucoup changé suivant les jours les dernières semaines. En effet, on est passé de tests sur les gens ayant des symptômes ou des cas contacts avant décembre à beaucoup de gens se faisant tester avant de voir leur famille pour les fêtes, puis une période entre les fêtes avant un retour des tests de regroupement familiales avant le réveillon puis probablement un retour aux tests pour raison habituel début janvier. Il me semble donc logique que les courbes fassent le yo-yo car elles mesurent plus de variations de comportement des gens vis-à-vis des tests que des variations de l’épidémie elle même.

  11. Morin A dit :

    Bonjour,

    Je suis une retraitée lambda, vivant en Bretagne, attentive à préserver mon autonomie.
    Février 2020, éberluée par les infos étatiques, j’opte pour le suivi Covid de Singapour. Là, je me rends compte de l’ampleur de la catastrophe. Je prépare mon confinement et rafle qqs FFP2 chez Brico destinés aux transports publics (bus) où les règles d’hygiène ne sont pas respectées. Comme je bricole, j’ai déjà en stock des sur-chaussures, des masques chirurgicaux, des gants jetables,..auxquels j’ajoute un litre de désinfectant.

    Fin juin, au vu de ce que je peux lire sur internet et catastrophée par nos aventuriers de la santé, je calcule le stock de masques dont j’ai besoin pour 3 ans. Grosso modo, 450. J’en profite pour acheter français à deux jeunes entrepreneurs de la région parisienne. Les masques en tissus ne sont pas suffisamment filtrants.
    Au fait, le Canada préconise de protéger les yeux dans les transports en public, et chez nous ?

    Maintenant, nous avons des vaccins ou pseudo vaccins qui arrivent. Comme je suis allergique à +sieurs médicaments et/ou certains additifs, je passe mon tour dans l’immédiat. Toutefois, je me pose la question suivante : supposons que l’immunité est +/-6 à 8 mois avec 2 doses, quelqu’un peut-il me dire ce qu’un organisme humain peut supporter de shoots répétés pour relancer son immunité et quid de l’emballement incontrôlé généré par des vaccins à répétition pour lesquels nous n’avons aucun recul. Et je ne parle même pas des conséquences du stress.

    Quant à l’avenir plus qu’incertain, tirons un trait sur notre vie passée. Un virus qui bousille les défenses immunitaires de l’humanité entière jusqu’au Groendall n’est pas près de plier bagage. De plus, il ouvre la porte à une multitude d’autres arrivants. Va falloir innover.

    Merci pour ce splendide site qui permet de suivre la situation.
    Cordialement

    • Philippe Brouard dit :

      Bonjour A Morin

      Merci pour votre message, cependant j’ai hésité à modérer son affichage. Les commentaires sont habituellement destinés à apporter des remarques sur le contenu de l’article en question. Je peux faire le lien entre le mot “incertitude” présent dans le titre et une inquiétude présente dans vos propos, ça me semble tout naturel. Vous soulevez ici des interrogations pour lesquelles probablement personne n’a de réponse. Cette situation appelle à la résistance, vous nous en faite part avec vos moyens, originaux et un peu étonnants. Nous luttons ensemble, toutes les résistances pourront être utiles, les vaccins en font partie aussi, c’est certain.
      Cordialement

  12. Deres dit :

    Quelques remarques :
    – Pour le R0, vous dites utilisé un calcul basé sur les admissions en urgence. Bien que surement intéressant, il me semble évident que ces valeurs vont être fortement influencé par des décisions et évènements ponctuelles dans les hôpitaux. Une meilleure prise en charge en amont va diminuer les admissions en urgence et celles-ci peuvent saturer ainsi que la possibilité de faire des prise en charge en amont si les services hospitaliers saturent. En particulier, en période de fête, les hôpitaux sont amenés à gérer un personnel moins nombreux donc changent assez brutalement leurs choix et leurs capacités sur une semaine.
    – Pour ls calculs de cas positifs, il me semble qu’il manque une donnée afin de savoir la raison pour laquelle les gens se sont fait testés. On voit bien par exemple que le % de cas positif chute quand de nombreuses personnes se font tester préventivement avant les fêtes. Il faudrait savoir parmi les gens se faisant tester, le nombre ayant des symptômes, ceux étant des cas contacts et ceux le faisant spontanément. On pourrait alors mieux distinguer les variations de cas positifs venant de la maladie elle même et ceux venant d’une augmentation du nombre de test préventif découvrant des asymptomatiques.

    • Philippe Brouard dit :

      Bonjour, sur le tableau de bord France il y a deux sources de données pour l’estimation de R, selon les tests positifs et selon les admissions aux urgences. Puis une moyenne des deux valeurs est calculée pour obtenir la courbe de R moyen. C’est un choix de calcul, il pourrait y en avoir d’autres. Globalement, disons qu’au dixième près, les différents calcul (ici et ailleurs) se retrouvent sur des valeurs similaires. Un dixième de différence n’est pas anodin cependant.
      En ce qui concerne la prise en compte des différents cas symptomatiques et asymptomatiques, c’est compliqué et flou. Quelle est la définition exacte d’une personne symptomatique? Nous savons juste que c’est une personne qui dit avoir des symptomes au moment du test. Une personne asymptomatique peut-elle être contagieuse, et à quel niveau? Les données publiées ne permettent pas de faire la différence entre les asymptomatiques cas contact et les autres asymptomatiques. Il y a vraiment beaucoup d’inconnues.

  13. Frédéric Planchon dit :

    @ Deres
    Vos remarques sont pleines de bon sens, mais je crois que ces données ne sont pas disponibles. De même on peut s’interroger sur les “primo-testés” par rapport aux gens qui se font tester plusieurs fois..
    D’une façon plus générale les incitations aux tests (réglementation, sensibilité personnelle..) ciblent une population. L’hypothèse ici (et partout ailleurs) est que cette population est représentative. Ce n’est pas sûr, mais peut-être.
    Quant à l’influence des décisions hospitalières sur les chiffres, c’est évident, mais peut-être mineur : la marge sur la prise en charge d’un côté, sur le passage en ré-animation de l’autre, n’est pas forcément très grande. Peut-être y a-t-il une différence sur la précocité de la prise en charge hospitalière par région : auquel cas cela pourrait se traduire dans des disparités sur les durées d’hospitalisation, voire sur le succès des hospitalisations (nb guérisons,nb décès, ans de vie moyen perdus lors des décès).

    Mais tout cela ne change pas vraiment a trajectoire présentée ici. Mon seul regret (exprimé infra) est une fixation inappropriée, à mon sens, sur le R0 et surtout son manque de modèle sous-jacent.

    • Philippe Brouard dit :

      Bonjour M. Planchon. Pour les lecteurs et lectrices les plus pointus, je partage un lien vers l’étude détaillée du modèle de simulateur proposé par l’équipe ETE de l’Université de Montpellier et du CNRS, c’est un “preprint” soumis à relecture : https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.05.22.20110593v1. C’est un travail remarquable de cette équipe, qui a été notamment auditionné par l’office parlementaire des choix scientifiques. Pour ma part, je dois dire que ça dépasse un peu mes compétences. Vous souhaitant bonne lecture

      • Frédéric Planchon dit :

        Merci, c’est en effet dans cette direction que je cherche des informations. Il y a des hypothèses limitantes (explicites et dont on comprend la légitimité) pour exploiter réellement le modèle, mais ce travail amène à de réelles conclusions de type aide à la décision : il y a lieu de maintenir des restrictions entre les confinements, et c’est quantifié. Bonne pioche !

  14. Antoine dit :

    Ce qui est encore plus incertain, c’est la réaction de la population dans les mois à venir.

    D’un côté, certains continuent à avoir une peur (légitime) de tomber malades ou qu’un proche tombe malade, souhaitent maintenir des mesures restrictives. Ils sont appuyés par médecins et épidémiologistes, qui y sont évidemment favorables car ils voient l’aspect de la situation qui correspond à leur profession.

    De l’autre, beaucoup commencent à “en avoir ras-le-bol”, c’est en particulier le cas des commerçants et restaurateurs mais pas uniquement. Il suffit d’observer pour s’en rendre compte: les commentaires de toutes les vidéos traitant du COVID sont en grande partie anti-restrictions voire complotistes, le masque est de moins en moins porté dans la rue (à Paris en tout cas). De plus, la peur de la nouveauté passe et la réalité est que le virus n’est pas dangereux pour la plupart des gens: il est difficile d’accepter des mesures quand on ne sent plus concerné par le danger. Enfin, la couverture médiatique énerve (à juste titre selon moi): le COVID y est omniprésent, le ton est condescendant et scolaire.

    Le cas des étudiants est intéressant: 2 tentatives de suicide à Lyon cette semaine. Les étudiants étaient pour l’instant favorables aux mesures anti-COVID par la bienpensace mai 68 propre au milieu universitaire: protéger les personnes à risque en fait partie et par rejet des “non éduqués complotistes” et reflet du milieu universitaire. Mais ce sont ceux qui souffrent le plus de cette situation et se sentent même punis (universités fermées mais pas les lycées ni les lieux de travail, critique de leur irresponsabilité, pétitions non écoutées). Ils apprennent également (en première personne: de nombreux étudiants ont été malades) qu’ils ne risquent (presque) rien et qu’il sont peu contagieux. Enfin, dans leur esprit, les mesures anti-COVID deviennent trop autoritaires voire dictatoriales et cela va les faire sortir de leur sphère du “bien”, c’est déjà en partie la cas. Reste à voir leur réaction. Faire le strict minimum pour ne pas avoir d’amende mais se voir comme ils veulent? C’est déjà le cas pour certains, et ça va en augmentant. Faire des pétitions? De plus en plus. Manifester? Je pense que ça arrivera.

    Je pense qu’il sera difficile de faire durer des restrictions, espérons que le vaccin et la chaleur arrivent vite.

  15. François D dit :

    Antoine,

    Votre analyse est intéressante, j’ajouterais deux éléments:

    -Les effets nocifs du confinement se font sentir (plus tard que prévu, heureusement): niveau scolaire en chute libre, faillites, dépressions.

    -La peur de la nouveauté sera peut-être maintenue par l’arrivée des nouveaux variants. A ce sujet, j’ajoute qu’il me semble inéluctable que le variant anglais devienne dominant, tout comme son arrivée en France (malgré la mascarade de la fermeture des frontières avec l’Angleterre).

  16. Isabelle de Fontenay dit :

    On parle dans les médias de pourcentage de personnes vaccinées, n’est-ce pas un abus de langage quand ces personnes n’ont reçu qu’une injection alors que le protocole en prévoit 2 ? Quel est le pourcentage de personnes réellement vaccinées avec 2 injections ? Le pays le plus en avance en termes de vaccination est Israël, comment se fait il qu’on ne voit encore pas d’impact sur la courbe des décès avec 20 % de la population vaccinées ? Parce qu’il n’y a eu qu’une injection ? c’est encore trop tôt ?

    • Philippe Brouard dit :

      Bonjour, votre remarque est judicieuse et elle va compliquer les calculs sur CovidTracker. L’ouverture des données sur la vaccination est récente et ce système d’information est en cours de consolidation. Espérons qu’il pourra permettre ce suivi précis.
      En ce qui concerne Israël, oui, c’est certainement encore trop tôt pour voir les effets des vaccins.
      cordialement

      • Isabelle de Fontenay dit :

        Merci pour cette réponse. L’idéal serait que des petits carrés vert foncé viennent recouvrir les carrés vert clair qui recouvrent progressivement les carré orangé, mais il n’est pas sûr que les données pour le faire soient disponibles … Pour Israël, ils ont commencé mi-décembre, restons vigilants.

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